Ce dimanche 30 août 2026, un public mélomane curieux de nouveauté rejoint l’église Notre-Dame pour écouter le concert de clôture du 6e festival « Orgues en fête » de Bach Académie en Seine Eure, occasion donnée de rendre hommage au Maître de Louviers pour le 40e anniversaire de sa mort.
Des artistes fidèles au festival sont heureux de se retrouver dans cette magnifique église dont les dentelles du porche royal font actuellement l’objet d’une patiente restauration.
Titulaire de l’orgue de chœur de Saint-Sulpice à Paris, Axel de Marnhac ouvre le concert au Grand Orgue avec le Prélude et Fugue en mi mineur BWV 548 de Jean-Sébastien Bach ; l’une des écritures les plus complexes du maître de Leipzig. Retransmis sur grand écran l’organiste de 25 ans est abondamment applaudi comme il le mérite.
Les auditeurs sont alors invités à se retourner vers l’autel afin d’écouter la suite du concert. Cet exercice qui aurait pu s’avérer risqué se fait rapidement car Nicolas, l’un des précédents curés de Notre-Dame avait eu l’excellente idée d’équiper l’église de bancs réversibles !
C’est alors au tour d’Arnaud Thorette de nous offrir, grâce au son chaud de son instrument, Bist du bei mir, déclaration d’amour musicale de Jean-Sébastien à Anna Magdalena, œuvre attribuée à un certain Stöltzel et reprise par Bach dans son Petit livre pour clavier dédié à sa seconde épouse. Accompagné par Johan Farjot à l’orgue de chœur de l’église, ils nous donnent tous deux une version épurée et émouvante de ce « tube » baroque.
Vient ensuite le Chœur de chambre de l’université Paris Sciences et Lettres préparé par Julien Rézak et placé sous la direction de Johan Farjot, son fondateur. La version du Requiem de Maurice Duruflé entendue ce dimanche après-midi est inédite car l’accompagnement des 24 chanteurs parisiens est réalisé conjointement par l’orgue et l’alto. Le rendu est magnifique. Au chœur, des pianos filés ou des forte à vous donner la chair de poule, cet ensemble vocal exprime toute une palette expressive de sons grâce à la direction attentive, engagée et précise de Johan Farjot.
Il faut toute la jeunesse, l’entrain et la virtuosité d’Axel de Marnhac, au Grand Orgue, pour accompagner avec une précision horlogère le chœur pourtant éloigné de 25 mètres. Aidé de deux tireurs de jeux expérimentés, et en liaison audio et vidéo directe avec le chef, casque rivé sur les oreilles pour bien entendre le chœur, l’organiste fait merveille dans cette partition redoutable.
Les auditeurs enchantés, parmi lesquels on note la présence de Monsieur le Maire, garderont certainement en mémoire ce moment exceptionnel de musique qui vient de leur être offert.
